THEM ou le périple de 2 globes-trotteurs en herbe

Au jour le jour, création et début d'une grande aventure humanitaire à travers le monde, en couple.. Explications, émotions, suivi et photos pour tous ceux qui voudront nous suivre au cours de ce projet du coeur..

24 avril 2009

Bundaberg, ou comment redéfinir la notion du travail!

Bon alors, aux dernières nouvelles, le ‘cherry tomatoes picking’ s’est soldé par un échec et mat!

Non pas à cause du courage qui était malgré tout présent, non pas à cause du temps qui s’est fait plutôt clément, non pas à cause des plantations qui s‘échappaient à perte de vue, mais c’était plutôt le salaire qui était désastreux.. Pire que pire, vous voyez.. Imaginez-vous trimer toute une journée entière sous un soleil de plomb avec pour seule compensation, la fraîcheur d’une tomate cerise en bouche!?!

Maigre trophée que 4 dollars (environ 2€) le seau de la taille d’une tine de peinture! Sachant que le seau de micro tomates se remplissait en une heure, à huit heures par jour voire plus parfois, la paie se faisait mégrichonne (un peu de révision des tables de multiplication pour tout le monde : 4 $ X 8 H = …. On vous le donne dans le mille : 56... Euh non, 32 bien sûr!!! Hihi)… 16 euros donc par personne par jour, y’a de quoi désespérer en voyant tous les efforts déployés pour ça!!! En plus ici, le salaire légal minimum est compris entre 14 et 18, disons 16 $ DE L'HEURE!!!! C’est affligeant lorsqu’on le sait mais qu’on n’a pas d’autre solution! Pas de boulot payé à l'heure en vue!

Car comme on vous l'avait déjà soufflé dans notre dernière parution, Bundaberg est LA ville des producteurs de la région en ce qui concerne la plupart des légumes mais le hic est que dans cette ville justement, on a trouvé le summum de ce qui peut se faire en arnaque des 'Working Holiday Visa Owners', autant dire tous ces jeunes comme nous qui partent en Australie pour y travailler et y prendre des vacances! C'est un circuit vraiment bien rodé, qui fonctionne comme sur des roulettes pour tous ceux qui y sont ancrés..

Un peu d'explication? C'est très simple, TOUTES les agences de recrutement de la ville ont des restrictions : ils font passer tous les australiens résidents qui cherchent un taf avant -bon, ok jusque là, normal, en France, on ferait pareil! - et ne te calculent même pas, ils ont un quota en ce qui concerne les postulants, ils prennent à la rigueur un ou deux étrangers lorsqu'il manque des personnes dans les jobs les plus mal payés ou dont les conditions sont mauvaises. Deuzio, ils te disent tous qu'ils ont des listes d'attente gigantesques et ne veulent pas t'y ajouter. Tercio, le climat n'ayant pas aidé les semaines précédentes à cause de la pluie, ils n'ont plus de place avant le renouveau du beau temps! Et enfin, ils se renvoient tous la balle en vous tendant une liste des autres agences d'emploi de la ville, en disant que les autres auront plus d'annonces que dans la leur mais en fait, c'est juste pour te voir déguerpir le plancher!!

Ajoutons à cela, pour obtenir une difficulté supplémentaire bien homogène, le fait que la plupart des jobs sont proposés apparemment dans les auberges de jeunesse de tous les environs : et ils disent vrai! Enfin, sauf sur un point : on a discuté avec des jeunes dans le même cas que nous qui cherchaient du travail et qui, par désespérance de cause, se sont rabattus sur la solution des auberges et des motels... Bien rodé le système, ingénuosité vous allez le constater : vous arrivez à l'auberge, pour une période indéterminée puisque justement vous voulez vous créer les fonds suffisants pour vivre, repartir de ce bled, explorer la barrière de corail juste au-dessus, et rien glander pendant un certain temps.... Enfin ça bien sûr quand déjà tu as eu la chance d'entendre une réceptionniste te dire qu'il y a de la place et des chambres de libre dans leurs taudis! Passons!! Vous arrivez donc, contraints et forcés. Ils vous font direct remplir un formulaire avec tous les détails : identité, passeport, numéro de visa, numéro perso pour les impôts, numéro du RIB, type de job recherché. Ensuite, ils vous font compléter des feuilles pour deux ou trois employeurs choisis au pif et bien sûr, vous leur sortez un acompte suffisant et une garantie pour le transport pour qu'ils te laissent tranquilles une partie du 'séjour'.. Enfin, ils affichent dans le hall la liste des gens qui auront la chance de travailler le lendemain, où cela se passe et à quelle heure le bus viendra les prendre. Donc, dans le tas, y'en a toujours qui n'ont pas de boulot...

En gros, tu es sûr de dépenser 176 $ par semaine et par personne pour un lit dans un dortoir minable mais tu as toujours l'incertitude de ne pas trouver de taf! 'What a shame!!!' Bon, donc vous l'aurez deviné, les backpackers hostels et les employeurs (des fermes en général) ont signé des contrats entre eux pour qui d'un côté leur assure de la clientèle et d'un autre des travailleurs toute l'année!

Bref, ne faisant pas partis de ceux-là puisqu'ayant déjà un toit, les tomates-cerises n'étaient néanmoins pas une bonne idée puisque les proprios de la ferme n'ont pas voulu nous déclarer, ce qui est très hazardeux ici, non pas pour les employeurs qui paient au black mais pour les employés.. Alors BASTA!

Le groupe de coréens avec lequel nous partagions nos rangées se passeront de nous - mais pas de nos chansons (car on a réussi à leur faire chanter AlaQueueLeuLeu, refrain repris à tue tête avec l'accent asiatique s'il vous plaît que Bubulle claironnait en fin de journée.. En témoigne une vidéo qui sera mise en ligne bientôt si la taille du fichier le permet, ... No comment!!)..

N'empêche, on n'a jamais vu ça : des allées et des allées de têtes sous le chapeau typique des rizières, avançant tous sous les ordres de leur chef de bande fanatique qui hurlait dans un mégaphone un jargon incompréhensible pour nos oreilles européennes, traduisant les directives de la propriétaire des tomates, censé les faire avancer plus vite! Non, non, véridique, on s'aurait cru dans un camp en Asie, nous OVNI, seuls visages français parmi toutes ces fourmis!!! Déroutant, bizarre, ça nous aura fait bien rire en attendant..... Pour le coup, on a vraiment compris pourquoi ces 'Made in Asia' sont si efficaces et sans contrainte, pourvu qu'ils n'envahissent pas trop vite nos champs de maïs français!

Posté par titetoile_bubul à 11:46:00 - Le Queensland - Commentaires [0] - Permalien [#]

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